- Exposition Danielle Bertholdt
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Exposition Danielle Bertholdt
3, rue des Goutisses
81500 Lavaur
Téléphone 05 63 34 66 63

Exposition Danielle Bertholdt

Lavaur
À propos de Danielle Bertholdt

Il est des artistes du contournement et d’autres du face à face. Dit autrement, il est des artistes de l’archétype (Picasso) et d’autres de l’individu
(Lucian Freud). Ceux du contournement posent l’œuvre avant d’œuvrer.
Ils l’inscrivent dans une mythologie spécifique, abordent la problématique du thème, du sujet, et, depuis plus d’un siècle, celle de la construction/déconstruction, celle aussi (surtout) du nouveau. Les embûches repérées liées à ces choix sont l’illustratif, l’anecdotique, le formalisme, l’esthétisme, le décoratif. Et, lié au temps du propos, le risque de dater, le risque du fugace, tant il reste difficile de creuser assez profond pour tenir à la fois le nouveau ( l’absolument nouveau) et l’universel, ce noyau dur de la durée.


D’autres, et Danielle Irène Bertholdt me paraît relever de ceux-ci, sont des artistes du face à face. Ils partent du constat que le dessin (de Lascaux à Picasso), la sculpture, sont des arts qui évoluent peu dans le temps. La nouveauté et la construction / déconstruction ne retiennent pas leur priorité. Ils envisagent pour leur part, bien plus, dans le temps, le défilé des fortes personnalités qui animent l’Art. Ils choisissent ou se laissent choisir par la vie.


C’est la réalité qui fonde pour eux le mystère de l’être. De leur point de vue, le réalisme, ce mot du XIX ème siècle, vient brouiller les cartes et la vision. Déjà ils posent la question : « Qu’est-ce que le réel ? ». Ce qui écarte les simplismes et les enfermements. Pour cette famille d’esprit, l’occurrence du vivant devient un garde-fou aux modes, aux maniérismes, aux complaisances. Débarrassés du « nouveau », ils se trouvent très proches de refonder une nécessité. Nécessité qui se confond avec une présence. Ce qui ne veut pas dire qu’ils encombrent leur œuvre avec tout le vivant, qu’ils en occupent toute la place. Ils préservent le mystère, ils ne l’ajoutent pas, ils ne le mettent pas en scène.


Faisant partie de ces tenants du face à face et en «bâclant les siècles» je citerai quelques phares : Holbein, Rembrandt, Velasquez, Goya, Van Gogh, Lucian Freud. Tous mettent leur essentiel à convoquer la présence. Pour eux, la présence est le vrai mystère, illimité.


La vie d’un sculpteur reste une aventure. Aventure semée de rencontres qui confortent l’artiste, le confirment à lui-même. Choc de Rodin devant les Michel-Ange de l’Académie à Florence. Là pour lui est enfin révélée l’évidence du lien entre le sensuel et le sacré. Chez Danielle Irène Bertholdt, indélébile reste sa rencontre avec Carpeaux, le groupe de La Danse surtout, et avec tout Rodin. Elle y découvre dans les corps, la chair, la peau, le secret d’une transcendance, comme, différemment, elle l’avait constaté dans l’art africain, dans la sculpture romane.


Sa formation, aux Beaux-Arts de Metz, de peintre abstrait, écarte pour elle le danger du mot à mot pour la placer d’emblée dans la structure large, dans le monumental (ce n’est pas une question de taille). Structure qui n’est jamais là pour elle-même mais toujours au service de l’apparition, de la présence convoquée, espérée. Le drame se joue là, l’artiste agit, mais seule la forme dit. Ne jamais prendre sa place, ne jamais faire dire. Sa sculpture s’élabore sur une juste succession d’intuitions plastiques sous le contrôle de « l’œil tactile » questionnant sans cesse la présence ou pas de la sensualité. Ici, un « faire nouveau » paraîtrait plus qu’obsolète, inadéquat.


Charles de Rodat
Mai 2017

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